Vairs, il avait les yeux et très fier
le visage
Noble le corps et les flancs larges
Dans son surcot bleu artésien
Si emprunt de hargne face aux vilains
Affrontant les jets de cailloux, de
flèches et de purin
Ils ordonnent et dirigent avec
rage !
Les coups du bélier se répercutent
Tel le tonnerre emprunt de colère
Un chariot de feu court vers la porte
tenace
De cette ville qu’est Fougères
Enfin, un grincement se fait entendre
Les gonds sautent, volent en éclat
L’olifant sonne son glas
L’Ost prêt à en découdre, dévale,
Et s’engouffre dans la faille
Le lieutenant porté par la clameur
D’une main, lève son épée avec ardeur
Au nom de son roi,
Au nom de l’Artois
De l’autre, tint fermement la hampe
droite
Où le gonfanon artésien flamboyant
virevolte
Les valeureux soldats regardent et imitent
Ce lieutenant hurlant tel un démon,
Fonçant vers la foule compacte de Bretons
Affrontant sans peur l’ennemi,
Les lames s’entrechoquent sans comédie
La bataille se termine au corps à corps,
Sur un champs de morts.
Du haut de son tertre,
Il crie « De vos menaces, vilains, je n’ai soucis
Mes hommes frappez, frappez l’ennemi
Voici le jour où il faut leur ôter la vie !!! »
Et d’un coup, le lieutenant frappe le Breton
Son bouclier ne lui vaut denier
Il en brise la boucle dorée
En fait tomber à terre la moitié
Sa belle épée lui enfonce dans la chair
Tranche le cœur, le foie et le poumon
Et le Breton tombe à terre.
Enivré de cette soudaine victoire,
Il ne voit pas l’ennemi tapi dans le noir
Qui par derrière déchire sa chair
Faisant traverser tout le fer.
La vive douleur soudain le terrasse
Un silence glacial prend place
S’élève alors un chant funèbre
Le plongeant dans les ténèbres.
Et c’est sous des murs de chaux blancs
Qu’il se réveilla étonné d’être encore vivant
Mais toujours prompt à combattre le Breton
Qui croit l’avoir vaincu.
En l’enfermant dans ses geôles nues
Alors que même la mort n’en a pas voulu !
Et voici donc le récit de notre vaillant lieutenant
Reigninblood de Richebourg
Toujours vivant, glorieux combattant.
Allons, mes frères, allons le délivrer
Ainsi que nos autres frères prisonniers
Allons frappez ces maudits adversaires
Allons enfin leur tenir tête
Et gagner cette satanée guerre.
Bomélien, troubadour.